Il n’y a pas de chiffrage possible du suicide !
31 oct 2009 • Catégorie: Le blog, travail •
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Mais, songez à ceux qui perdent leur proche. Un décès est toujours une perte de trop ! Et ça, cela ne se chiffre pas !
Selon le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CEPIDC) de l’Inserm, les chiffres sur le taux de suicide en France, sont faussés par le mode de calcul. C’est de l’intoxication que de dire que ce chiffre plus ou moins élevé relativement à un autre.
Affirmer, en se cachant derrière des chiffres que l’on interprète comme on veut, qu’il n’y aurait pas de problème de suicide à France Telecom parce que le nombre de suicide y serait plus ou moins élevé qu’ailleurs, c’est, au mieux du cynisme, au pire de la manipulation . A nouveau, l’INSERM démontre son inutilité en matière de suicide !
La preuve ?
Eric Jougla, directeur du CEPIDC, indique que « les agrandissements successifs de l’Union européenne (UE) ont joué en notre faveur : notre position est moins dramatique à cette échelle« .
France Télécom, Renault, Thales… De nombreuses entreprises confrontées aux suicides de leurs salariés occupent le devant de la scène. Mais d’autres professions, comme les agriculteurs ou les médecins, sont aussi touchées par cette réalité.
Un homme de 42 ans qui travaillait pour la marque de vêtements H&M a tenté de se suicider, mardi, lors d’une réunion. Quelques jours plus tôt, c’est une salariée du groupe de défense et d’aéronautique Thales qui avait mis fin à ses jours. Selon l’une de ses collègues, « on l’avait descendue de grade et on lui avait donné un travail dévalorisant ». Ces actes désespérés viennent s’ajouter à la liste de 25 suicides chez France Télécom en un an et demi.
Une liste controversée, puisque plusieurs experts n’ont pas manqué de faire remarquer que le taux de suicide dans cette entreprise est inférieur à la moyenne française. En effet, le taux de suicide des actifs français est de 19,6 pour 100.000 personnes, selon l’INSERM, contre 15 pour 100.000 chez France Télécom… « Peu importe que le taux de suicide soit supérieur ou non à la moyenne française. Vingt-cinq salariés qui se suicident en dix-huit mois, c’est déjà trop. Il est évident qu’il y a un mal-être collectif », estime le Pr Debout, président de l’Union nationale pour la prévention du suicide (UNPS). Même si le taux de suicide dans chaque activité professionnelle est très mal comptabilisé en France (lire page 3), les résultats de quelques enquêtes sur le sujet révèlent que plusieurs professions sont plus touchées que d’autres. Il s’agit notamment des agriculteurs, des médecins et des fonctionnaires de police. De même, avec 16 décès pour 24.000 surveillants entre janvier et octobre 2009, selon la CGT-Pénitentiaire, le personnel des prisons est particulièrement concerné. Face à ce fléau, les professions multiplient les initiatives de prévention.
La France est loin d’être exemplaire
La France est l’un des pays de l’Europe de l’Ouest le plus touchés par le suicide. En 2005, l’Hexagone présentait le taux de décès par suicide le plus élevé pour les hommes, derrière la Finlande, selon les chiffres du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès CEPIDC, de l’INSERM. Les Etats les plus méridionaux (la Grèce, l’Espagne et le Portugal) présentent, pour leur part, de faibles taux de suicide, comme le Royaume-Uni.
Quel que soit le pays, le taux de suicide des femmes est nettement inférieur à celui des hommes, mais la France se situe également à la deuxième place en la matière. « Les agrandissements successifs de l’Union européenne (UE) ont joué en notre faveur : notre position est moins dramatique à cette échelle », ironise Eric Jougla, directeur du CEPIDC INSERM. En effet, au sein des 27 pays de l’UE, c’est la Lituanie qui affiche le taux de décès par suicide le plus élevé, suivie de la Hongrie et de la Lettonie. L’Hexagone occupe le 7e rang pour les hommes et le 5e pour les femmes. « La France est mal classée pour toutes les causes de décès dites “prématurées” ou “évitables”, comme la surconsommation d’alcool, de tabac, les accidents de la route et les suicides. Nous avons un retard important en termes d’actions de prévention, mais cela s’arrange peu à peu », conclut l’expert.
Edition France Soir du vendredi 30 octobre 2009
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